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 slipping through my fingers all the time (libre)

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Juliet Love
Déesse de l'Amour, de la Sexualité et de la Beauté
Inscrit depuis le : 08/04/2017
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slipping through my fingers all the time (libre)
Mar 18 Avr - 1:47


slipping through my fingers all the time
But i won't feel blue like i always do cause somewhere in the crowd there's you




    Il devait être tard, dans les environs de minuit. La journée d'hier à peine balayée par quelques heures. J'avais passé le début de soirée dans un bar, modeste mais il suffisait de peu pour trouver l'âme soeur d'une nuit. Après tout, je ne faisais rien de mal. Rien que répandre un amour clandestin. Qu'est-ce que disaient les générations mortelles passées? Faites l'amour, pas la guerre. Je ne faisais que suivre la voie pacifique des années poétiques. Assise, là sur le tabouret vacillant, j'avais jeté quelques coups d'oeil. Les hommes avaient le don de lire les regards aguicheurs. Là, j'en avais repéré un, accoudé de l'autre côté du bar déjà tâché. Je savais ce qu'ils pensaient. Tous, hébétés, abrutis devant une beauté superficielle. Cela ravivait mon ego, flatté, certes. Le jeu perdait néanmoins de son sens. Aussi, savais-je déjà ce qu'il pensait. La fille était jolie, elle ne disait pas non, il n'y eut plus qu'à lui offrir un verre. Je lui offrais un sourire, avant de le voir bousculer la foule, brandissant un billet pour me rejoindre. Prévisible. Sans surprise. Fade. Je n'en avais plus envie. C'était un jour sans. Alors maintenant que cet inconnu à la barbe taillée négligemment s'avançait d'un pas affirmé, j'enfilai ma veste par dessus mon débardeur grisâtre, et m'enfonçai dans les rues londoniennes. Sans avoir une main à tenir, de lèvres à embrasser, ou un buste à lancer. Moi, seule, une liberté que je ne m'étais pas accordée depuis bien trop longtemps.

    Dehors, c'était une sacrée aventure. Etrangement, les rues étaient désertes. Les récents actes de terrorisme effrayaient les moins farouches, aussi cela faisait quelques jours que les rues se faisaient moins vivantes, moins bruyantes, et moins colorées, la peur semblant avoir pris le dessus sur les citoyens anglais. Je n'avais pas la tête à m'amuser, ni à oublier. Les responsabilités retombaient sur nos épaules, et il semblait alors impossible de vivre la vie. Peut-être était-ce une chance. Il m'arrivait de penser que c'était un drame que de n'avoir pas le pouvoir de vivre comme n'importe qui. La divinité impliquait un savoir, et une maturité dont j'aimais penser être libre de ne pas faire preuve. Mes pas me menèrent rapidement jusqu'aux sous-terrains, me pressant prendre le premier métro de cette nouvelle journée. J'enfoui l'une main dans mon jean, pour en sortir un vieux ticket presque déchiré, mais par chance non utilisé. Je n'avais pas l'habitude de payer à mes frais, tout était cadeau, m'arrivant sur un plateau d'argent. Et, j'aimais cette vérité cruelle. Je triturai nerveusement l'alliance qui me servait de cage diamantée, et je montai dans le métro qui s'annonçait enfin. La rame était vide, juste une silhouette au fond dont je ne pouvais déceler que le dos. Tant mieux, la solitude de cette soirée m'avait manqué durant tout ces siècles passés à séduire. L'amour attendrait demain pour que j'erre de nouveau dans des draps inconnus. Pour l'instant, je m'asseyais en silence, le regard rivé vers la vitre. Néanmoins, quelque chose me tiqua. L'être qui me tournait le dos n'était point un mortel. C'était bien simple, tout mes moments de libertés se concluaient pas des révélations, des rencontres trépidantes, ou des catastrophes inévitables. Les dieux ne s'apportaient entre eux que misère, et violences. Seul un gagnant ressortait, en prenant tout. Le perdant n'avait qu'à tomber. Je soupirai, en massant ma tempe du bout des doigts. Que le ciel m'accorde cette aube passée dans les remords solitaires. N'avais-je pas le droit d'être proie à mes doutes, seule? Une voix fluette résonna alors, comme pour répondre à mon interrogation.

    Retard annoncé d'une demi-heure sur la ligne 12.  Notre ligne de transport s'excuse de ce délai.

    La solitude n'était décidément pour moi. Trente minutes passées avec cet inconnu, sans rien faire que se regarder dans le blanc des yeux. Je marmonnai quelques râlements, avant de balancer la tête en arrière. La fatigue ne me connaissait pas, mais la lassitude m'envahit de la terrible envie de sommeil.
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voulez vous
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Maëlwen Caudron
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Re: slipping through my fingers all the time (libre)
Mar 18 Avr - 9:40



Pour une fois, Maëlwen était sortie jusque bien tard mais pas pour les raisons que sa chère colocataire. Si Sam sortait pour aller draguer et faire la fête, la petite belge, elle, préférait aller voir des films. Que voulez-vous, mentalement, c’était une jeune adolescente dans un corps de femme auquel elle avait encore du mal à s’habituer. Oh, ne vous inquiétez pas. Pour ce qui était des menstruations mensuels, elle avait déjà l’habitude avant son accident. Douze ans dans le coma et quatre ans qu’elle s’était réveillée. Il lui avait fallu des mois pour s’adapter à cette nouvelle décennie et reprendre le cours de sa vie. Suivre les cours avec des gamins de quatorze ou quinze ans ? Très peu pour elle ! Elle avait préféré suivre des cours du soir pour enfin obtenir son diplôme. Et puis, bye bye la mère surprotectrice et bonjour l’indépendance ! Merci à Sam qui lui avait proposé de tenir une librairie à Londres. Bon, c’est vrai que niveau anglais, elle avait encore un peu de mal mais pour elle, du moment qu’elle n’avait plus sa mère dans les pattes, toujours à lui dire ce qu’elle devait faire ou non. La seule chose qu’elle regrettait, c’était le rejet de son père, adoptif certes mais il l’avait reconnue comme sa fille, lui avait transmis son nom de famille et l’avait élevée en lui inculquant certains principes et certaines valeurs auxquels elle tient énormément.

Le film terminé, elle avait décidé de prendre le métro pour rentrer chez elle. A cette heure-là, il n’y avait pas grand monde. Juste elle et une autre femme. D’ailleurs, elle ressentait un truc bizarre venant de cette femme mais sans plus quoi. Tout à coup, une voix fit une annonce. Il y avait un retard d’une demi-heure sur la ligne 12. Maëlwen n’était pas prête de rentrer chez elle de sitôt. Finalement, elle regretta de ne pas être rentrée à pieds même si ça allait lui donner mal aux pieds.

- Rha c’est pas vrai ! dit-elle en français.

Même si elle était à Londres, elle ne parlait que rarement en anglais. Seulement si c’était nécessaire comme par exemple dans une conversation ou quand elle ne savait pas si son interlocuteur parlait français. Sinon, avec Sam ou avec d’autres amis londoniens parlant la langue de Molière, elle ne s’exprimait en français que dans son coin.







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